Je suis photographe basé à Lyon (France).

A l'origine, mon cadre de chevet n'est pas vraiment photographique, mais plutôt cinématographique. Oui, mes premiers amours derrière un objectif l'ont été avec une caméra. Ceci-dit, un cadre reste cadre. Et la frontière entre la photo et le cinéma demeure finalement très étroite, notamment en terme de composition et de recherche esthétique. Dans les deux cas, l'image, qu'elle soit fixe ou continue, doit raconter une histoire. D'ailleurs, pour illustrer cette proximité entre ces deux arts, j'aime rappeler cette citation de l'un des films de Jean-Luc Godard qui dit : «Une photo c'est la vérité, le cinéma c'est 24 fois la vérité par seconde.»

De la même manière donc que dans le cinéma, ce qui m'intéresse avant tout dans la photographie c'est cette fameuse image et l'histoire que je vais pouvoir raconter avec. Capter cet instant magique où tous les éléments narratifs vont naturellement se mettre en place dans le cadre.

Pour se faire, je me suis très vite spécialisé dans la Street Photography. Pourquoi la Street ? Car c'est la domaine qui me permet le mieux de laisser libre cours à mon imagination. Que désirer de plus qu'un décor et ses protagonistes qui changent à chaque instant ! Quel que soit le lieu, le temps ou l'heure, la rue et ses acteurs sont toujours là, présents, à portée de clics. Tout est possible très vite et rien ne se dresse entre l'artiste et l'oeuvre artistique. La rapport à l'art est ici direct. Et c'est ce que j'apprécie tout particulièrement. Cette liberté, immédiateté et autonomie que confère indéniablement la Street. Ces aspects représentent pour moi une valeur inestimable, voir indispensable, en tant que créateur.

Concernant mon univers, celui-ci est très influencé par le travail du peintre Edward Hopper. Comme lui, je suis très sensible à l'idée de raconter la société par l'intermédiaire d'individus pris dans leur environnement du quotidien. Je suis également très inspiré par le travail de Saul Leiter pour son attention portée à la couleur et la lumière avec lesquelles il joue pour composer ses images. Au-delà de ces éléments, ces deux artistes m'intéressent aussi tout particulièrement car je partage avec eux le goût d'une certaine mélancolie.

En somme, la ville est mon terrain de jeu favori au sein de laquelle j'aime saisir les silhouettes qui arpentent d'un pas solitaire le bitume d'un paysage urbain dans lequel elles s'évaporent lentement. C'est là l'essence même de mon exploration photographique qui constitue en filigrane la colone vertébrale de tout mon travail.
 

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